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Les toiles de l'Etoile

par DURAND

publié dans SOCIETE

Alors quand cette pétasse est arrivée sur mon écran « vendable » a crié le patron en s’agitant sur sa table lumineuse. Comment la vendre ? Au délit de sale gueule ? Au poids ? Rousse en plus, pas facile ! Blondes c’est connu elles sont bellement connes ! Brunes, préférable de ne rien dire ! mais rousse ? Bref, c’est vendable avec cette gueule de victime vertueuse, alors tout au plus, dans un film pornographique. Elle doit, bien sûr, pouvoir enflammer, tout autant les petits ouvriers en jeans, chemisette, baskets, que les cadres guindés costume, cravate, chemise assorties, weston astiquées qui rêvent, comme lui de l’être par la petite rappeuse excité par les étincelles de sa peau électrique. Son nom d’actrice ? Certainement pas Jeanne ! Pourtant elle veut rester « free »… Liberté de son être, liberté de son corps ! bien roulée pense la chef, mais « NON » ce n’est pas vendable du tout. Poubelle ! Pas d’explication, la sentence, on jette. Tous les mecs et les nanas à la télé le savent les patrons font encore les poubelles, espionnent les disques durs et facebook. Inconscient qu’il n’était pas le seul leader des renseignements détruits et informatisés, rapidement, il jeta, à son tour, un brouillon d’annonce : Magicien recherche rappeuse pour danse de salon. La rousse reçut le message en pleine face et sortit remplie d’espoir, la tête haute. Elle comprit qu’il voulait en faire « sa star » et avait eu le temps de tisser sa toile entre deux dérapages sur la voix publique. Ses envies incontrôlées ne dansaient plus ni dans sa tête ni dans ses jambes, elle savait ce qu’elle voulait.

Le patron la découvrit vive, intelligente, pertinente, amusante avec, en plus, un cerveau qui fonctionnait. Il appela les secours littéraires d’urgence « Comment la vendre » ? Voilà que cela recommençait.

Business, business, dit-elle, moi je ne vends rien, je ne connais pas le monde de l’argent je ne suis pas une marchandise puisqu’une marchandise est privée de sexe et mon sexe je ne le vends pas. Mon corps n’est pas juste qu’à consommer, mon cerveau n’est pas tourmenté, voilà ma vraie valeur. Je suis une femme qui rappe pour manger mais pas une tarte qu’il faut dédaigner.

L’homme d’affaires, connaissant l’homme gourmand de femmes intelligentes parfois…, eût très vite peur qu’elle trouvât bel acquéreur. L’étoile se fit lente à accepter ses honnêtes propositions voyant la crainte qui bouillonnait en lui qu’elle ne devienne, à jamais, fuyante.

Les toiles de l'Etoile
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